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Optimisation du processus de rééducation et de tests en "milieu de parcours" après une reconstruction du LCA

La reconstruction du ligament croisé antérieur (LCA) est une intervention chirurgicale majeure qui nécessite une rééducation minutieuse pour retrouver une fonction optimale du genou et réduire le risque de récidive. Dans cet article de blog, nous allons nous concentrer sur l'optimisation de la phase intermédiaire de rééducation après une reconstruction du LCA. Nous aborderons les considérations clés pour cette étape cruciale, ainsi que les critères spécifiques pour passer à la phase suivante et reprendre la course à pied en toute sécurité.

La phase intermédiaire : un pont essentiel vers la récupération fonctionnelle

La rééducation après une reconstruction du LCA est généralement divisée en plusieurs phases : préopératoire, précoce, intermédiaire, tardive et retour au sport. La phase intermédiaire est un pont essentiel entre la phase précoce, axée sur la réduction de la douleur et de l’enflure, et la phase tardive, axée sur l’optimisation de la performance neuromusculaire et le retour au sport.

Considérations importantes pour la rééducation en milieu de parcours

1. Force musculaire

  • Force des extenseurs du genou : La priorité absolue de cette phase est de restaurer la force du quadriceps. Des déficits persistants de force des extenseurs du genou sont associés à une mauvaise biomécanique, une fonction réduite du genou, un risque accru de récidive et un risque accru d’arthrose du genou. L’objectif est d’atteindre une force d’extension du genou à moins de 20 % de différence par rapport au membre controlatéral.

  • Force des fléchisseurs du genou : La récupération de la force des ischio-jambiers est également cruciale, en particulier pour ceux qui ont subi une reconstruction du LCA avec greffe de tendon des ischio-jambiers. Un déséquilibre entre la force des fléchisseurs et des extenseurs du genou augmente considérablement le risque de récidive. L’objectif est de restaurer la force des ischio-jambiers à au moins 80 % de la force du membre controlatéral d’ici la fin de la phase intermédiaire.

  • Force des articulations adjacentes : Il est important de ne pas négliger la force des muscles distaux et proximaux du genou, tels que le triceps sural, les muscles de la hanche et du complexe lombo-pelvien. Des déficits dans ces régions peuvent affecter la performance neuromusculaire et la qualité du mouvement.

  • Force en chaîne cinétique fermée : La capacité à effectuer des tâches fonctionnelles nécessite une bonne force en chaîne cinétique fermée. Il est recommandé de pouvoir tolérer confortablement 1,5 fois le poids du corps sur un seul membre avant de passer à la phase de rééducation tardive.

2. Qualité du mouvement

Une blessure du LCA peut entraîner une altération de la qualité du mouvement, ce qui augmente le risque de récidive et d’arthrose du genou. Il est essentiel de rétablir une qualité de mouvement symétrique et optimale dans les tâches de base (squat, fente, etc.) avant de passer à des tâches plus exigeantes. La rééducation doit inclure des exercices correctifs pour remédier aux déséquilibres musculaires, aux altérations posturales, aux dysfonctionnements arthrocinétiques et aux altérations de la proprioception.

3. Reconditionnement physique

Un retour au sport réussi nécessite non seulement de résoudre les déficits au niveau du genou, mais aussi de restaurer la fonction neuromusculaire, la qualité de mouvement spécifique au sport et la préparation physique générale. Il est important d’éviter le déconditionnement en incorporant des séances de reconditionnement physique axées sur la composition corporelle, la force du haut du corps et le conditionnement cardiovasculaire.

Recommandations pour la mise en œuvre

1. Planification et programmation

La phase intermédiaire doit être soigneusement planifiée et adaptée à chaque athlète. Il est recommandé de diviser cette phase en deux blocs :

  • Premier bloc : Se concentre sur des exercices à faible à intensité modérée, principalement axés sur la capacité de travail musculaire et l’hypertrophie, avec un accent particulier sur les exercices en non-port de poids et les exercices sur machine.

  • Deuxième bloc : Progresse vers des intensités légèrement plus élevées et intègre un réentraînement progressif des mouvements sur terre, un renforcement fonctionnel et des exercices de proprioception plus avancés.

2. Suivi objectif des progrès

Il est essentiel de suivre objectivement les progrès de l’athlète à l’aide de tests réguliers et d’évaluations de la douleur, de l’amplitude articulaire, de la force musculaire et de la qualité du mouvement.

3. Critères de progression

Des critères spécifiques doivent être atteints avant de passer à la phase de rééducation tardive. Ces critères comprennent :

  • Absence d’épanchement du genou avec un épanchement minimal lié à l’activité.

  • Amplitude articulaire complète du genou.

  • Force d’extension et de flexion du genou supérieure à 80 % du membre controlatéral.

  • Force musculaire au squat d’au moins 125 % du poids du corps pour 8 répétitions ou 1,5 fois le poids du corps en 1RM.

  • Équilibre sur une jambe pendant au moins 43 secondes les yeux ouverts et 9 secondes les yeux fermés.

  • Qualité de mouvement satisfaisante lors du squat sur une jambe.

  • Démarche de course suffisamment normalisée et capacité à courir pendant plus de 10 minutes à 8 km/h.


Reprise de la course à pied

La course à pied est une étape importante dans le processus de rééducation, mais elle doit être abordée avec prudence. Les critères recommandés pour reprendre la course à pied comprennent :

  • Une force maximale en chaîne cinétique fermée sur une jambe d’au moins 1,25 fois le poids du corps.

  • Un indice de symétrie des membres (LSI) pour les extenseurs et les fléchisseurs du genou supérieur à 70 %.

  • Une bonne qualité de mouvement lors du squat sur une jambe et de l’atterrissage bilatéral.

  • Une rééducation de la démarche de course utilisant une activité de type course à faible charge (par exemple, course en eau profonde, trampoline)


Conclusion

L'optimisation du processus de rééducation après une reconstruction du LCA est essentielle pour un retour au sport réussi et pour minimiser le risque de récidive. En se concentrant sur les éléments clés de la phase intermédiaire, tels que la force musculaire, la qualité du mouvement et le reconditionnement physique, les kinésithérapeutes peuvent aider leurs patients à atteindre leurs objectifs de récupération fonctionnelle et à retrouver un niveau de performance optimal.

Pour des informations plus détaillées sur l’optimisation de la rééducation de la phase intermédiaire, consultez la revue complète de Buckthorpe et Della Villa dans "Optimising the Mid-Stage Training and Testing Process After ACL Reconstruction"​

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